Un cosmétique de saison : la crème solaire !

Comme le chantaient les Négresses vertes,
« Voilà l’été, j’aperçois le soleil
Les nuages filent et le ciel s’éclaircit… »

L’été est bien là, nous avons ressorti notre bonne vieille crème solaire et ses effluves synonymes de vacances !

J’avais donc envie d’écrire un article sur ce cosmétique pas tout à fait comme les autres : que signifient les mentions sur l’étiquetage ? Comment la choisir ? Peut-on l’utiliser sans risques ? Peut-on la faire soi-même ?

D’après Wikipédia, en France, la première protection solaire a été commercialisée en 1936. 1936, ça ne vous dit rien ? Je ne vous parle pas de l’année de naissance de votre grand-père ! Oui, c’est ça : les premiers congés payés !
Il paraît que beaucoup de personnes choisissent leur crème solaire en fonction de l’esthétique de l’étiquette, du prix, de l’odeur, de la forme du flacon… sans trop se soucier de l’indice de protection, et encore moins de sa composition !

L’indice de protection
L’indice de protection ou IP (noté « SPF », « Sun Protection Factor » sur les emballages) indique le degré d’efficacité du produit, c’est-à-dire son effet protecteur contre les UVB, responsables des coups de soleil. Plus cet indice est élevé, plus la crème est protectrice. Il correspond au rapport entre le temps nécessaire pour obtenir un coup de soleil avec et sans crème. Si une personne met 20 minutes pour attraper un coup de soleil sans protection, protégée par une crème d’indice 30 il lui faudra 20mn x 30, soit 600 minutes (10 heures) pour attraper ce même coup de soleil.
On pourrait penser qu’une crème indice 20 protège 10 fois plus qu’une crème indice 2, mais le degré de protection n’est pas proportionnel à la valeur de l’indice. En réalité, au-delà de 20, l’efficacité augmente très peu :

Un IP 2 arrête 50% des UVB
Un IP 15 arrête 93% des UVB (il laisse passer 1/15 soit 7% des U.V-B)
Un IP 20 arrête 95% des UVB
Un IP 30 arrête 97% des UVB
Un IP 50 arrête 98% des UVB

UVB et UVA

Si ce sont les UVB qui provoquent les brûlures, les UVA sont également néfastes pour la peau. Alors que les UVB ne pénètrent pas plus loin que l’épiderme, les UVA vont jusqu’au derme. Eux aussi peuvent provoquer des cancers, et un vieillissement prématuré de la peau. L’indice de protection contre les UVA n’est pas indiqué sur les étiquettes ; toutefois il doit être supérieur ou égal au tiers de l’IP contre les UVB. (Si l’IP contre les UVB, indiqué sur l’étiquette, est de 30, l’IP contre les UVA sera au minimum de 10. Vous me suivez ?)

Comment bien choisir et utiliser une crème solaire ?

Nous sommes tous les heureux propriétaires d’un « capital soleil » : notre peau a la capacité de se défendre jusqu’à un certain point contre le soleil. Si on s’expose trop sans se protéger, si on « attrape » de nombreux coups de soleil, notamment pendant l’enfance, ce capital finira par s’épuiser : nous ne pourrons plus nous exposer sans brûler et le risque d’avoir un cancer sera fortement augmenté. (Et je ne parle même pas des rides et de l’affaissement de la peau qui nous guettent). Autant dire qu’il ne faut pas rigoler avec l’achat d’une crème solaire…

Le choix d’un indice de protection devra prendre en compte différents facteurs : type de peau (claire ou mate), conditions d’exposition : la durée de l’exposition au soleil, l’altitude, la réverbération (neige, sable…), la latitude, etc… et bien sûr, on choisira un IP très élevé pour les enfants. Les personnes à la peau mate, ainsi que celles qui sont déjà bronzées, doivent aussi utiliser un produit solaire, pour se protéger des risques de cancer. Il existe même des produits solaires dédiés aux peaux noires !
Les indices sont calculés en tenant compte de l’application d’une grande quantité de crème sur la peau : on compte 6 bonnes cuillers à café pour le corps d’un adulte soit 36g. Petit calcul : combien de tubes de crème solaire de 200g une famille de 4 personnes devra-t-elle se procurer pour deux semaines de vacances à Cavaillon-plage, sachant qu’il faut se tartiner au minimum toutes les deux heures et/ou après chaque bain ? Quoi, l’été dernier vous n’avez acheté qu’un tube ? Et vous ne l’avez même pas terminé ????

Les filtres solaires sont-ils dénués de toxicité ?

Il existe deux types d’ingrédients utilisés dans les crèmes solaires : les filtres synthétiques, « chimiques » (il en existe 26), et 2 écrans inorganiques, naturels : l’oxyde de zinc et le dioxyde de titane.
Le dioxyde de titane a mauvaise presse, car il est parfois utilisé sous forme de nanoparticules, ce qui pourrait le rendre capable de traverser la barrière de l’épiderme. Pourtant ces deux écrans sont plus sûrs pour la santé que les filtres synthétiques, accusés d’être des perturbateurs endocriniens. On leur reproche aussi d’être néfastes pour l’environnement (mort des récifs coralliens…).
Il est indispensable de se protéger en cas d’exposition au soleil ; on choisira donc de préférence des crèmes bio, ne comportant pas de filtre synthétique.

Les filtres solaires au soleil, oui… le reste de l’année, non et non !!!

Depuis quelques années, de nombreux cosmétiques destinés à un usage quotidien, hors exposition solaire, contiennent des filtres solaires ; soit pour protéger la peau des UV, soit pour protéger… le produit lui-même (notamment pour que la couleur du produit cosmétique reste stable). Cela est regrettable…
En effet, l’utilisateur se croit protégé, or bien souvent il ne l’est pas : nombre de ces produits comportent un seul filtre, alors qu’une combinaison de plusieurs filtres est nécessaire pour offrir une protection correcte. D’autre part, on n’utilise pas une crème de jour, par exemple, comme une crème solaire : la crème de jour est appliquée une seule fois dans la journée et en petite quantité. Alors qu’un produit solaire doit être réappliqué toutes les deux heures pour être efficace.
Mais surtout, compte tenu de l’effet néfaste des filtres solaires sur la santé et sur l’environnement, il n’est vraiment pas souhaitable de les utiliser tout au long de l’année !
De plus, la présence de ces filtres dans un produit n’est pas forcément indiquée clairement, ils ont des noms à coucher dehors et il faut éplucher soigneusement la liste des ingrédients ! (Liste sur http://www.sauvonsnotrepeau.fr/liste-26-filtre-solaire-chimique-mineraux-autorise/).
Le cas du dioxyde de titane est à part : il est largement utilisé dans les cosmétiques, à d’autres fins que la protection solaire, notamment dans les produits de maquillage et dans le dentifrice où il a une fonction de pigment blanc (colorant) et opacifiant. Les poudres de teint, fonds de teint, etc., offrent donc souvent, de fait, une protection solaire.

Peut-on fabriquer soi-même son produit de protection solaire ?

On peut réaliser soi-même la plupart de ses produits cosmétiques… mais je ne vous conseillerai jamais de faire votre crème solaire ! Il s’agit d’une catégorie particulière de produit, qui d’ailleurs est considéré comme un médicament, et non un cosmétique, dans certains pays comme l’Australie. En effet, il a un rôle de prévention anti-cancer et à ce titre, sort du cadre des simples cosmétiques à visée esthétique, d’hygiène ou de confort. Un produit solaire doit être testé en laboratoire afin que son efficacité soit vérifiée…

Je vous souhaite un très bel été, bien ensoleillé et sans coups de soleil ! N’oubliez pas que même avec une crème solaire, on bronze !

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