Autobronzant : comment ça marche ?

L’autobronzant est un cosmétique qui provoque une réaction chimique avec la peau pour lui donner un hâle plus ou moins prononcé, sans intervention des radiations solaires ou du système mélanique. Cette coloration résiste à la transpiration, à l’eau, et dure quelques jours.
L’autobronzant existe dans le commerce sous plusieurs formes : spray, gel, crème, lait…

Pourquoi utiliser un autobronzant ?
– Il permet d’obtenir une teinte hâlée sans s’exposer au soleil et à ses conséquences néfastes sur la peau (vieillissement prématuré de la peau, rides, mélanomes, destruction des cellules qui assurent la défense immunitaire…).
– Il permet d’obtenir une teinte hâlée même quand il n’y pas de soleil !!!
– Contrairement à une crème teintée, il ne colore pas les vêtements et ne s’enlève pas à la première douche.
– Autrefois, le résultat était peu naturel : couleur orange/jaune, irrégulière… et odeur désagréable. Des progrès ont été effectués et ce n’est plus le cas !

Comment agit-il ?
Le principe actif utilisé est généralement la dihydroxyacétone ou « DHA » (parfois l’érythrulose, moins efficace et plus lente à agir). La DHA n’intervient pas au niveau de la mélanogénèse. Elle se combine avec les acides aminés de la peau, selon la « réaction de Maillard » dite aussi « réaction de brunissement non enzymatique ». Cette réaction est comparable à la caramélisation du sucre.
L’effet sur la peau est un peu différent suivant les individus (en fonction du pH de la peau, de la composition des acides aminés…).
La teinte hâlée commence à apparaître deux heures après l’application, et cette coloration se poursuit pendant plusieurs heures.
Au bout de quelques jours, les cellules mortes se détachent de la peau (desquamation) et il faut réappliquer de l’autobronzant.
Photo (source http://www.cnrs.fr/cw/dossiers/doschim/decouv/peau/voir_autobronzants.html) : Louis Camille Maillard (1878 – 1936), médecin et chimiste, a découvert en 1911 cette réaction en étudiant les réactions entre les acides aminés et des sucres.

La DHA est-elle inoffensive pour l’organisme ?
La dihydroxyacétone est une molécule d’origine végétale (maïs, canne à sucre, blé…), elle est obtenue par bio-technologie (fermentation par des bactéries).
Elle n’est pas absorbée par la peau, car elle agit uniquement au niveau des cellules mortes à la surface de l’épiderme. Elle ne présente aucune toxicité et a d’ailleurs été déclarée sûre par la Food & Drug Administration, organisme responsable de la pharmacovigilance aux Etats-Unis.

Dr Bertrand, découvre la DHA base de l'autobronzant

Historique
La dihydroxyacétone a été obtenue pour la première fois par le chimiste Gabriel Bertrand (voir photo)*, par oxydation fermentaire du glycérol par une bactérie (acetobacter suboxydans).
Dans les années 1920, elle a servi à fabriquer un médicament destiné à traiter le diabète infantile. Les jeunes enfants qui prenaient ce traitement, lorsqu’ils régurgitaient, avaient ensuite le tour de la bouche « bronzé ». D’où l’idée de l’utiliser dans des autobronzants !
Le premier autobronzant a été une lotion hydroalcoolique avec 4% de DHA, aux Etats-Unis.

*Photo (source http://webext.pasteur.fr/archives/ber0.html) : Gabriel Bertrand est né en 1867 et mort en 1962 à l’âge respectable de 95 ans. Il a beaucoup travaillé à l’institut Pasteur et a l’auteur de travaux importants sur les enzymes et les oligo-éléments. Il n’imaginait sans doute pas un usage aussi futile pour la DHA…

Comment réaliser son autobronzant ?
On réalise un gel aqueux, une crème, un lait… dans lequel on ajoute, à froid, entre 3 et 8% de DHA suivant l’intensité du « hâle » désirée. La DHA est insoluble dans l’huile.
Il est préférable de limiter le nombre d’ingrédients (pas d’autres actifs, notamment) pour éviter toute interaction avec la DHA, ce qui risquerait de limiter l’efficacité du produit final.
Certains facteurs peuvent rendre inefficace la DHA :
– Un pH alcalin
– la présence de métaux (eau thermale, oxyde de fer pour colorer…)

Comment l’appliquer ?
La veille de l’application, effectuer de préférence un gommage pour éliminer les cellules mortes : la coloration sera plus homogène et tiendra plus longtemps. Bien hydrater sa peau.
On l’applique sur les parties du corps que l’on veut voir « bronzées », éventuellement plusieurs jours d’affilée jusqu’à obtention de la teinte désirée.
Lors de l’application, essayer de mettre une couche plus fine aux endroits où la peau est plus épaisse : coudes, genoux…
Avec un coton humide, retirer le produit à la racine des cheveux et sur les sourcils. Bien se laver les mains après applications : les paumes des mains ne bronzent pas !!!
Puis on renouvelle l’application une ou deux fois par semaine, au fur et à mesure que les cellules superficielles de la peau (les cornéocytes) desquament, laissant apparaître la peau non teintée.
Attention : l’autobronzant ne protège pas du soleil ! La peau doit absolument être protégée par une crème solaire en cas d’exposition.

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